Lutte contre la pauvreté par la sauvegarde des oasis...
Lutte contre la pauvreté par la sauvegarde des oasis et le développement de techniques agro-écologiques.
Mise en place d’une ferme pilote pour l’expérimentation et la diffusion de pratiques agroécologiques.

Projet piloté par le CARI (association française)Le projet est ancré dans une oasis du sud-est marocain : l’oasis de Jorf.

Le contexte :
La disparition progressive des conditions favorables à l’exploitation agricole des oasis a entraîné pour leur population une baisse des revenus et une paupérisation devenue aujourd’hui très problématique pour la majorité des sociétés oasiennes. 
Des centaines de milliers de familles se maintiennent sur place grâce aux apports financiers extérieurs. 

Adossée à l’Atlas, l'oasis de Jorf se situe en zone aride caractérisée par des sécheresses pluriannuelles. 

Plusieurs facteurs sont responsables du déclin des oasis de cette région :
- La crise de l’eau : 
Durant ces dernières décennies, la pénurie d’eau s’est fortement aggravée et la situation est devenue dramatique. 
Les agriculteurs se sont engagés dans une course à l’eau, avec le creusement de puits individuels, tout en maintenant des systèmes d’irrigations fortement consommateurs d’eau. 
Ce gaspillage considérable d’eau a entraîné une pénurie hydrique majeure, dont les conséquences ont été immédiates : abandons de parcellaires entiers de palmeraies. 

- La crise du palmier : 
En un siècle, le Maroc a perdu plus des deux tiers de son capital productif phœnicicole, les productions sont faibles ou de mauvaise qualité. 
Les principales causes de cette baisse de production et de qualité sont le manque d’eau, la maladie et le non-renouvellement des plantations. 

- Le stress social et territorial : 
Pendant le XX ème siècle, le système économique et social des oasis s’est vu déstabilisé. L’émigration et l’urbanisation se sont développées et paradoxalement, c’est aujourd’hui en grande partie grâce aux rentrées d’argent des migrants que les familles peuvent subsister dans les oasis. 
Cette évolution se traduit aujourd’hui par le refus des jeunes générations à s’inscrire dans une perspective de développement de l’oasis. 


DES OASIS MENACEES D'EXTINCTION...
"Aujourd'hui, il est important d'agir et d'aider les populations oasiennes à exploiter leurs terres afin de maintenir ces populations en milieu rural."

DES SOLUTIONS POUR LES OASIS...
Le CARI, association française porteuse du projet soutenu par le Fonds de dotation Itancia propose de former les agriculteurs à des modes de culture plus économes en eau...


Dans ce milieu aux conditions climatiques contraignantes ou l’Homme est l’élément indispensable à son maintien, une des priorités est de favoriser une gestion durable du milieu naturel et de ses ressources.
L’activité du CARI s’articule en partie autour de l’amélioration des pratiques agricoles grâce à la mise en œuvre de techniques d’« agroécologie appliquée » dont l’objectif est la mise en valeur de pratiques agricoles performantes sur les principes de l’agriculture écologique. 

Les actions du CARI sont des projets pilotes ayant vocation d’exemple par la suite. Pour cela ils se veulent reproductibles c’est à dire en cohérence avec les capacités économiques et sociales du milieu concerné et avec un souci de conservation et de renouvellement des ressources naturelles, outils de production des oasiens. 
A Jorf, le CARI, en lien avec une association locale a réalisé un travail de formation et un appui technique auprès des agriculteurs locaux. Ce travail s’est structuré autour d’une ferme pilote où le CARI a mené des essais et réalisé des formations. 

Le premier axe de travail concerne le renouvellement de la fertilité et de la matière organique. 
Il est au centre de l’approche agroécologique. 
Le second axe sera la mise en place d’expériences sur des techniques culturales pour améliorer la production et notamment d’avancer la production maraîchère (pépinière, culture sous serre) pour permettre une production précoce et améliorer le revenu agricole. 
Le troisième axe est consacré à la formation technique (lutte phytosanitaire, techniques de pépinières, arboriculture…). 


Témoignage : Ghali Boushaba, 43 ans ; agriculteur à Jorf

"Depuis que je pratique l’apiculture dans mon exploitation, j’ai cessé d’utiliser des pesticides. 
J’ai pris conscience de l’importance des abeilles dans ma ferme. 
En effet, la réussite d’une grande partie de mes cultures dépend entièrement de la bonne fécondation réalisée par ces dernières que ce soit mes fruitiers (palmiers dattiers, amandiers, grenadiers) ; mes légumes (fèves , cucurbitacées) ou encore mes grandes cultures ( tournesol, luzerne pour la production de semences).
Lorsqu’on m’a parlé d’agro-écologie et que j’ai appris à réaliser mon compost, j’ai compris que ce type d’agriculture correspondait à ma vision de l’agriculture paysanne car elle demandait peu de moyen financier par rapport à l’agriculture conventionnelle et qu’elle poussait l’agriculteur à être autonome. 
La fierté que j’en retire au quotidien, c’est en faisant vivre une quinzaine de personnes (parents, frères, enfants).  
Rien ne vaut mieux que son indépendance financière et être libre dans ses choix décisionnels."
"Ma satisfaction c’est de laisser à mes enfants une terre verte indemne de toute contamination comme j’ai pu la connaître et comme je l’espère mes petits-enfants la connaîtront."




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